{Focus sur un projet}: Circuits-courts : une coopération entre les structures ESS françaises et tunisiennes.

Un circuit-court est une forme d’échange économique valorisant le lien social, la coopération, la transparence et l’équité entre les  acteurs de l’échange. Ce projet,  porté par la Manufacture Coopérative, l’association pour la Création et la Créativité pour le développement et l’Embauche (CCDE) , l’association de Développement de la Femme Rurale (ADFR)  vise  à sensibiliser, tester et initier les échanges économiques entre des entreprises de l’ESS Tunisiennes et françaises. Pour découvrir, un peu plus ce projet, Jean-Luc Chautagnat et  Francesca Rancan, de la Manufacture Coopérative,  répondent à nos questions.

  • En quelques mots, en quoi consiste le projet circuits-courts? 

Le projet « Circuits Courts de l’ESS » souhaite développer des expériences de coopération entre les structures de l’ESS françaises et tunisiennes. Il s’agit d’un projet de coopération bilatérale entre la France et la Tunisie fondé sur les principes du circuit court :

– La création de liens sociaux et de coopération : les acteurs sont liés les uns aux autres par une proximité géographique et/ou par une proximité d’intérêts ;
– L’équité dans les échanges financiers : juste prix, juste répartition ou encore égalité dans les échanges ;
– Une approche participative : redonner aux citoyens les moyens d’exercer leur responsabilité dans l’organisation de la communauté et de développer ainsi une dynamique participative, en co-­construisant des modes d’interactions entre les parties prenantes ;
– Une logique pédagogique : les parties prenantes s’intéressent à leurs réalités et besoins respectifs. Elles acceptent tacitement d’être sensibilisées à des divers sujets, de prendre en considération la position des uns et des autres.

 

  • Dans les objectifs fixés, le projet vise à sensibiliser , tester et initier des échanges économiques entre des entreprises de l’ESS tunisiennes et françaises. Est-ce que ces échanges ont été fructueux ? quel est leur impact sur terrain ? 

 

Il y a de nombreuses opportunités d’échanges dans le domaine de l’ESS. Nous avons identifié notamment le secteur alimentaire, des produits de terroir, le secteur de l’artisanat (potières de Sejnane) comme secteur porteur du projet. Les échanges ont commencé et ils sont en phase de test. Le but de cette phase d’expérimentation était d’observer le potentiel et d’identifier les opportunités et les freins.D’autres secteurs seraient à explorer par la suite, comme le secteur du numérique (open source et échange de compétences et pratiques), cosmétique biologique et tourisme solidaire.

 

  • Il y a eu pas mal de prospection terrain aussi bien en France qu’en Tunisie, quels sont les grands secteurs que vous avez identifiés pour les échanges ?

Pour l’instant, dans cette première phase de « test » des échanges, les deux secteurs phares sont le secteur alimentaire (produits de terroir, confiture de figue de barbarie, fruits secs bio, huile d’olive … région de Kasserine) et le secteur de l’artisanat (GIE des potières de Sejnane).

  • le contexte entre la Tunisie et la France en matière d’ESS est très différent, plus structuré en France, est-ce que cela a des conséquences sur la mise en place des projets/activités d’ESS ??

 

La différence de contexte a sûrement des conséquences sur la mise en place des activités de l’ESS. En premier lieu la définition du concept même de circuit court en économie sociale et solidaire est difficile à traduire de façon pratique. Cela demande du temps aussi pour construire de la confiance dans des échanges à distance.

  •  Pourquoi faudrait-il mettre en place une loi pour l’ESS ? Que pourrait apporter ce secteur à la Tunisie ?? 

La loi ESS aurait l’avantage de reconnaitre les acteurs de terrain et de faciliter leurs relations avec l’ensemble des administrations qu’elles soient locales ou nationales. Elle pourrait libérer le potentiel de créations d’emplois et d’activités en facilitant les initiatives, en reconnaissant le statut spécifique d’entreprises de l’ESS.