Revivons nos racines II : les potières de Sejnane actrices de changement territorial

 

Suite à une forte mobilisation de la société civile depuis quelques années, la poterie de Sejnane a été inscrite au patrimoine de l’Unesco, un 29 novembre 2018. Malgré cette reconnaissance internationale, ce secteur artisanal continue à rencontrer nombre d’entraves et de défis. Le Club Culturel Ali Belhouane qui s’était beaucoup mobilisé , avec l’appui du programme Soyons Actifs/Actives, conscient des défis à relever a décidé, lors de cette deuxième phase, de continuer son appui à ces artisanes qui perpétuent un art ancestral. Le projet “Revivons nos racines II; les potières de Sejnane actrices de changement territorial” vise le renforcement des capacités des potières à devenir de véritables actrices de changement sur leur territoire.  

Lors de la phase I du projet “Revivons nos Racines”, plus de soixante potières ainsi que leurs familles (essentiellement les jeunes filles) ont bénéficié d’un accompagnement qui a eu un impact  socio-économique et culturel considérable: ces femmes ont exprimé leurs vives souhaits de continuer cette expérience qui dans sa deuxième phase, vise à revitaliser ces territoires locaux, en contribuant à changer les mentalités, la situation socioéconomique, l’aspect culturel, l’aspect touristique. Ce territoire a un potentiel pour devenir une importante station artisanale et touristique. En fait, en dotant les jeunes potières des compétences nécessaires d'entrepreneuriat et de négociation avec les acteurs locaux, ces dernières vont êtres prêtes à créer leurs propres projets et à collaborer ainsi au changement de leur territoire sur tous les plans : économique, social, culturel, touristique et même au niveau de la participation citoyenne des femmes.  

La région de Sejnane est une région marginalisée et très  peu valorisée: un taux d'abandon scolaire alarmant, un schéma économique inégalitaire à l’égard des femmes. Ce contexte socio-économique actuel, en manque flagrant d'opportunités, ne permet pas l'ouverture vers d'autres activités de travail artisanal, ni de commercialisation de leurs produits.  Si beaucoup d’initiatives ont été menées dans cette région au profit des potières confirmées , les jeunes filles victimes de décrochage scolaire sont , elles, restées à la marge.  Ainsi, le CCAB, a vu qu’il est primordial de renforcer les capacités de ces jeunes filles inactives et qui ont, pourtant,  un potentiel énorme pour devenir des potières douées, innovantes et travaillant avec un nouvel esprit entrepreneurial. 

Dans cette deuxième phase, un besoin terrain a émergé introduisant un nouvel axe dans le projet, à savoir la migration. Le décrochage scolaire auquel s’ajoute la misère poussent les jeunes de la région à la migration clandestine et de ce fait des ateliers de prévention ont été mis en place. 

 Lors de la première phase du projet Revivons nos racines, nous avons eu l'occasion de rencontrer ces potières de Sejnane, ces artistes qui font perdurer cet art ancestral, pour découvr r cet article .